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Quand le bon pneu est essentiel !

Quel est l'upgrade le plus rentable que vous puissiez offrir à votre monture en vue de votre participation à l'Omomarto ?

Une belle paire de pneus de qualité ma bonne dame !


Rien n'est plus crucial que le bon choix de pneu. A lui seul, il vous permettra d'améliorer de nombreux facteurs, performance, confort, tranquilité d'esprit, sécurité, bref, la pièce d'équipement à tout faire !

Mais comment le choisir, parmi les centaines de propositions s'étalant entre 15 euros et près de 100 euros. Que faut-il privilégier, que faut-il savoir, quelles erreurs éviter ?

Pour commencer, essayons de répondre à la question : Qu'est ce qui caractérise un bon pneu de longue distance de montagne ?

Risquons-nous à tenter de décrire le pneumatique idéal.

Personnellement, j'aime bien commencer par définir ce qu'il n'est pas.


1) Il n'est pas un boyau. Ce n'est pas que je n'aime pas cette typologie de pneumatique, j'ai été élevé avec, et j'adore les sensations qu'il délivre. Mais sur un parcours aussi montagneux, avec de nombreuses descentes rapides et sinueuses, je ne prendrais pas le risque de devoir changer un boyau et de repartir avec un collage aléatoire. Comme vous serez confrontés à 4 portions de gravel, et même si celles-ci ne sont pas extrêmes, elles multiplient malgré tout le risque de crevaisons. En plus transporter un boyau de secours, c'est volumineux et lourd.


2) Il n'est pas fin... Je suis un adepte convaincu des largeurs de 28mm à 32mm, avec une préférence marquée pour la tranche supérieure de la fourchette. Toutes les mesures réalisées montrent qu'il n'y a aucune perte de rendement liée à la résistance au roulement, voire même un rendement supérieur aux dimensions 23 et 25mm dans la plupart des cas. Difficile à imaginer, mais cela s'explique par l'élimination des micro-rebonds qui sont l'apanage des pneus fins gonflés à de fortes pressions sur des revêtements "rugueux" (ceux que vous rencontrerez sur le parcours de l'Omomarto).


Venons-en maintenant aux qualités que l'on recherche :


1) La souplesse :

Celle-ci est due à la carcasse du pneu, on la cherchera avec le plus possible de fils au centimètre (parfois exprimé en valeur impériale tpi = Threads Per Inch). Plus cette valeur est importante, plus le fil de tissage de la carcasse sera fin, plus sa souplesse sera meilleure. La souplesse offre comme bénéfice d'utilisation, confort et sécurité de trajectoire. Un pneu souple se déformera de manière progressive en courbe, tandis qu'un pneu plus "raide" décrochera plus brutalement. Pour le confort, ce sera la déformation verticale qui jouera et donc la filtration des vibrations liées au grain de la route.


2) La section :

Comme je vous l'ai déjà dit, je suis un adepte des sections plutôt larges et je ne roule qu'avec des pneumatiques de 28mm (qui sur mes roues d'une largeur intérieure de 21 et 25mm font en réalité un bon 30mm), ou de 30/32mm. L'avantage numéro un procuré par ces sections est le confort dû aux pressions de gonflage plus faibles (avec du 32mm et mes 65kgs, je gonfle à 3.5/3.7 bars). Et on peut également rajouter à cela une plus grande sécurité de pilotage en courbe à grande vitesse. L'inconvénient, si toutefois une différence de 1 à 2 watts de rendement vous importe, sera la plus grande résistance aérodynamique de la roue AV, due à la plus grosse surface frontale et au vortex généré par la section de pneu supérieure à la largeur extérieure de la jante.

Pour ceux que cela intéresse, l'idéal, d'un point de vue aéro est d'avoir un rapport de 0.95 entre le pneu (0.95) et la jante (1).


3) Le poids :

Un pneu de qualité, souple, nerveux et de section autour de 28/30mm ne sera jamais lourd. Il sera dans une fenêtre de 250 à 300grs environ. Est-ce important ? Les croyances cyclistes dident que oui, et pour certains, la chasse au grammes en périphérie des équipements en rotation est essentielle. La réalité des mesures récemment réalisées ne soutient pas cette affirmation. Tout au plus la faculté à accélérer est-elle améliorée, mais sur quelques mètres seulement.

On attribue à tord le manque de rendement d'un pneumatique à son poids. En fait, un pneumatique lourd utilise souvent des matériaux médiocres, notamment en ce qui concerne la carcasse, et ce sont les qualités dynamiques liées à ce choix qui font le rendement médiocre, pas le poids en lui même.


4) La chape :

La chape est la partie caoutchoutée qui est en contact avec la route. Elle peu être lisse ou structurée, peu importe. Sous la pluie, j'évite cependant les structures à rayures longitudinales qui en cas de freinage appuyé en ligne droite peuvent générer des glissades, notamment de l'arrière et surtout si vous n'avez pas pris soin de transférer plus de poids du corps sur la roue arrière du vélo. Une bande de roulement centrale slick (lisse), si le mélange de gomme est de qualité sera OK, même sur route mouillée, sur les épaulements de la chaque, des structures granuleuses, en lignes obliques ou en chevrons, apporteront un petit plus en matière d'adhérence sur routes humides.

Et n'oubliez pas, l'Omomarto est un parcours de montagne, les orages y sont fréquents, même en été.


Dernier point enfin, Chambre à air, ou Tubeless ?

Il y a des adeptes des deux religions. Personnellement, sur des ultra distances, je privilégie la chambre à air pour la facilité de changement en cas de crevaison. Certes, le tubeless crèvera moins (ou disons, qu'il crevera autant, mais que vous ne vous en rendrez souvent pas compte, puisque le sealant aura fait sa bonne action de colmatage), mais si vous avez une crevaison pour laquelle le liquide ne fait pas le job, là, on se retrouve bien souvent en galère. Les pneus tubeless sont souvent plus difficile à démonter et remonter, à cause des tolérances plus faibles entre pneu et jantes, le liquide coule, colle, bref, en pleine nuit, c'est parfois galère, très galère. Lors de la BTR 2019, à deux heures du matin et sous la pluie, du côté de Suze en Italie, je n'ai dû mon salut qu'à une paire de mains supplémentaire d'un local de passage pour pouvoir remettre le pneu dans la jante.

Je vous recommande donc la chambre à air, et si vous cherchez le rendement à tout prix, orientez-vous vers du latex, ou mieux, les toutes nouvelles chambres en TPU.


Pour finir, voici un lien sur l'EXCELLENT podcast d'Arnaud Manzanini "Dans la tête d'un cycliste" dans lequel le non moins excellent JP Ferreira vous explique tout ce que vous devez savoir sur les pneumatiques vélo.


https://podtail.com/en/podcast/dans-la-tete-d-un-cycliste/-06-comment-choisir-ses-pneumatiques/


A plus les z'amis !





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